Itinéraire d’une passionnée de la Bible

Monique de Causans
Soeur Jeanne d’Arc : ma sœur, Jacqueline de Chevilly (1911-1993)
Préface de Mgr Brincart, évêque du Puy
Chez l’auteur, 2000

Prix : 24,80 €
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Sœur Jeanne d’Arc, dominicaine des Tourelles, bibliste, exégète, traductrice, conférencière, et tant d’autres titres encore, est bien connue du monde s’intéressant à la Bible pour l’œuvre immense accomplie au service de la Parole de Dieu. Sous toutes les formes possibles, dans le but exclusif de faire connaître de tous cette Parole, transmettre fut son souci permanent.

Toute sa vie fut orientée vers cette mission que Monique de Causans, sa sœur, nous raconte dans ce livre écrit tardivement. Madame de Causans a 86 ans lorsqu’elle se décide à nous partager le fruit de ses compilations, archives rassemblées, souvenirs et l’histoire de cette sœur au parcours assez exceptionnel.

L’auteur commence par nous situer sa famille, ou plutôt leur famille, origines, situation, cousinage. Puis, comment a grandi Jacqueline, ses études en ce milieu aristocratique qui visait davantage à former l’érudition d’une belle intelligence qu’à obtenir des diplômes estampillés. Ainsi Jacqueline s’est portée vers tout ce qui la passionnait intellectuellement, touchant un peu à toutes les disciplines reconnues « nobles » par l’époque et par sa famille.

Si elle a choisi d’entrer chez les dominicaines des Tourelles le 15 octobre 1932, branche dominicaine encore jeune de fondation (1918), c’est parce que c’était l’unique ordre où la Prieure, Mère Emmanuelle Mazas, demandait à ses sœurs de faire des études, 3 ans de philosophie et 4 ans de théologie, comme des séminaristes !

Sa santé extrêmement fragile l’a obligée à des allers et retours douloureux en dehors de son couvent avant d’arriver à la profession perpétuelle le 6 janvier 1940.

C’est avec cette même santé toujours défaillante qu’elle a tout de même accompli 57 voyages à l’étranger, pour des sessions de formation adressées à des supérieures d’ordres religieux, des conférences, des congrès !

La vie religieuse française, elle aussi, a grandement bénéficié de ses compétences pour renouveler et aérer, croyait-elle, un monde trop corseté dans les us et pas assez dans la connaissance biblique. Comme il serait heureux de l’entendre aujourd’hui… !

Si l’auteur nous livre ce parcours brillant et riche en rencontres si diverses, avec toutefois quelques redites en d’autres contextes de sa narration, on lui pardonnera volontiers tant ce livre est précieux pour nous dire dans quelles conditions sont nés livres, Concordance, traductions des Évangiles et autres publications.

C’est à Monique de Causans tout autant qu’à Sœur Jeanne d’Arc que nous devons la magnifique traduction des quatre évangiles. Car en 1987, SJA est contrainte par la maladie à se reposer trois semaines ; sa sœur l’accueille alors dans sa maison familiale à Coubon. Sa polyarthrite paralysante faisait plutôt envisager à sa Prieure la clinique de Rangueil, pour y demeurer… Ce qui devait n’être que trois semaines est devenu presque sept ans, SJA étant décédée à Coubon le 16 mars 1993.

C’est pendant ces années de paralysie galopante, de grande souffrance mais de parfaite lucidité, que furent réalisées les traductions des évangiles, retardées de deux ans par la révision complète de la traduction d’André Chouraqui, Le Pacte Neuf.

Naturellement, l’auteur ne peut qu’être admiratif de cette sœur, mais elle sait honnêtement et pudiquement nous donner à comprendre ce qui a pu dérouter les dominicaines en face de la vie un peu hors norme de SJA…

Un livre qui complète parfaitement les approches bibliques que chacun a pu faire de son œuvre, et qui ne peut qu’encourager à en lire plus de SJA. Avec tant de profit spirituel et exégétique !

Recension : Sœur Emmanuel-Marie Saulquin

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