Graphè – Colloques et Actes

Graphè est un groupe de l’Université d’Artois (Arras) qui depuis 25 ans (1992) s’attache à étudier la Bible et ses influences sur les cultures, les littératures et les arts.
Un colloque est organisé chaque année, prenant pour thème un livre de la Bible ou un personnage. Les colloques donnent lieu à la publication d’Actes dont la liste, riche de 26 volumes, est disponible ici. L’interdisciplinarité des colloques et une perspective résolument diachronique garantissent une lecture ouverte du texte biblique et une véritable attention aux modes d’appropriation et d’interprétation du texte.

« Le prochain colloque Graphè se déroulera les 22 et 23 mars 2018 à l’université d’Artois et portera sur l’ange Gabriel, présent à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testaments mais aussi dans les écrits apocryphes et les autres traditions monothéistes.

L’ange est par étymologie un messager. Il assume le rôle de médiateur entre le monde céleste et les hommes. Ni révolté, ni déchu, il parle et agit au nom de Dieu dans la Bible et constitue une forme implicite de théophanie. Les anges sont dits nombreux dans les Écritures mais rares ceux qui portent un nom. Parmi eux, Gabriel (« Homme de Dieu » ou « Dieu s’est montré fort », selon des significations controversées) apparaît d’abord comme un interprète dans le Premier Testament. Il explique à Daniel ses visions et révèle les secrets divins (Dn 8,15-26 ; 9,21-27). Dans les Évangiles, il se fait messager et apprend au prêtre Zacharie qu’Élisabeth, son épouse, donnera naissance à un fils dont le nom sera Jean (Lc 1,11-20). Puis il annonce à Marie qu’elle sera la mère de Jésus (Lc 1,26-28). La prière de l’Ave Maria emprunte ses premiers mots à cette intervention. La mission de Gabriel est fondée sur la parole. Il est « le messager des bonnes nouvelles ». Les commentateurs postérieurs identifieront ainsi tel ou tel ange resté anonyme à Gabriel.

Plus tard, au sein d’une subtile hiérarchie, il sera compté parmi les archanges au même titre que Michel et Raphaël. Le Livre d’Hénoch lui attribue plusieurs fonctions. Dans l’épisode du chêne de Mambré, l’exégèse juive assimile Gabriel à l’un des trois anges qui rendent visite à Abraham. Il a pour tâche de prévenir de la destruction de Sodome. D’après le Talmud, il est aussi l’ange qui annonce la naissance de Samson à sa mère. La fête orthodoxe de l’Axion Esti commémore la révélation par Gabriel de l’hymne éponyme en l’honneur de la Vierge. Dans l’Islam, Jibril transmet le Coran au Prophète durant la nuit du Destin (sourate II,97-98). Et Calvin affirme que les interventions de Gabriel attestent l’assistance divine.

Figure spirituelle mais créature de Dieu, l’ange prend forme corporelle dans l’iconographie d’hier et d’aujourd’hui. En particulier dans la scène de l’Annonciation, les représentations de Gabriel sont multiples, qu’il s’agisse de son attitude ou de son vêtement, de ses ailes et du lys qu’il apporte souvent à la Vierge ou de la baguette des ostiaires qu’il tient dans la main. »

Dès que le programme et les informations pratiques seront disponibles, nous vous en ferons part.

Parcours concernés : Exégèse ; Art et Bible.
Public : motivé à expert.

Présentation du prochain colloque : Graphè (argumentaire de l’appel à communication).

Visuel : Gaudenzio Ferrari (actif 1508-1546), L’Annonciation. Panneau de l’Ange Gabriel (détail), avant 1511. Huile et tempera sur peuplier, 58, 4 x 58, 4 cm. Royaume-Uni, Londres, The National Gallery, NG3068.1.
© The National Gallery.
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